Décembre 2006 Janvier-février 2007
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Haro sur les maisons
Si l’on veut que le périurbain ne ronge pas nos paysages, il faut s’occuper des villes, et vite... Parce qu’à force de vouloir répondre au besoin tyrannique d’une population asphyxiée, désireuse de maison avec jardin, se recréeront des mégapoles ; celles même d’où l’on s’échappe aujourd’hui à grande vitesse. Le sujet nous taraude depuis un certain temps, face à une structure sociale et géographique qui se délite sous la coupe des caravansérails de centres commerciaux, et de maisons Phénix de toute espèce. Chez nous, seules les terres cultivées d’oliviers et de vignes résistent ; le reste est donné en pâture à la promotion immobilière.
À l’heure où le développement durable est dans toutes les bouches, à le rendre indigeste, on aimerait qu’émerge une conscience sur les problématiques que posent le tout-individuel et le bouleversement du rapport structurel entre ville et campagne. À étudier les évolutions de certains villages du Vaucluse, on constate qu’ils sont atteints par les mêmes affres : pression touristique, hausse des prix de l’immobilier, abandon des centres, ponction des terres agricoles, saturation des réseaux routiers pour rejoindre Aix ou Avignon – villes d’ailleurs largement pourvues d’un patrimoine à réinvestir, pourquoi pas, en logements sociaux.
L’attraction pour notre région semble irréversible, mais on pourrait penser notre territoire pour mieux accueillir, faire en sorte que les villes soient plus agréables à vivre, préférer densifier à la verticale – mais autrement que dans les années 60 – et ne pas manquer de courage pour résister aux cultes dominants...
Anne-laure thiéblemont
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